Le Rôle Plaît

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 Passé abandonné

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Eva
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MessageSujet: Passé abandonné   Dim 16 Mar - 14:18

Une fois de plus Darrida s'éveilla en sursaut, faisant bondir Zorkin à ses cotés.
Une fois n'est pas coutume elle dormait seule, veillée par celui qu'elle surnommait à présent Zork. Ils échangèrent un regard, lui inquiet, elle se voulant rassurante "juste un mauvais rêve", puis il vint se blottir contre elle, lui caressant les cheveux.
Elle attendit que ce soit lui qui s'endorme avant de se lever.
Parmi ses affaires elle prit un cylindre léger, l'ouvrit pour en sortir un vieux parchemin, une longue lettre qui avait vécu ses propres aventures avant de la retrouver.
Elle sortit de la chambre pour la lire à la lueur de la lune, la relire, encore une fois, gravant chaque mot dans son esprit, faisant siens les souvenirs inscrits à l'encre sur ce papier. Elle lut, malgré les larmes que lui arrachaient ces mots, malgré le fait qu'ils résonnaient déjà dans sa tête sans y trouver leur place, malgré la douleur à sa tempe droite, comme un tisonnier chauffé à blanc qui cherchait à fouiller son crâne. Elle lut, encore une fois...

Citation :
J'espère qu'il existe un être capable de me pardonner...
Non, j'espère qu'il existe un être capable de sauver ma soeur.
Je me nomme Lorkan, j'étais un mage prometteur.
Ma soeur se nomme Miranda, Mira, elle avait épousé la même vocation que moi par tendresse.
Je vais conter ici le récit de ce qui nous a précipités en enfer, si un jour vous trouvez ces mots, si un jour vous la trouvez, sauvez la, je vous en supplie de toute mon âme déjà damnée...

Nous étions donc deux étudiants en magie, ma soeur et moi, nous avions quitté notre foyer pour vivre à l'école de magie, étudier, moi pour devenir le meilleur des mages, Mira pour devenir la meilleure des soeurs.
Elle était parfaite, ne croyez pas qu'elle en ait eu besoin, mais elle ne désirait que vivre auprès de moi, la magie ne l'intéressait que peu, et encore moins la puissance.
Ainsi donc elle me soutenait dans mes études, m'aidait à me perfectionner.
Ce jour maudit elle m'avait quitté un instant pour aller chercher notre déjeuner après m'avoir guidé dans un des jardins de l'école. Elle se plaisait à nous organiser ces petits repas qui étaient pour moi des parenthèses nécessaires à mes heures d'études.
Mon rayon de soleil, ma bouffée d'oxygène, ma petite soeur m'avait donc quitté un instant.
Une silhouette s'approcha, c'était un elfe, à peine plus vieux que moi, il dégageait quelque chose de puissant, et redoutable, je frissonnais malgré moi. Il prit la parole, se présentant, Maltor, il me dit qu'il étudiait lui aussi la magie. J'avais beau être naïf, j'avais du mal à le croire, il ne portait pas la robe des étudiants, et je ne l'avais jamais vu au par avant. Il devina mon doute, ou bien il le lu sur mon visage et s'expliqua. Non, il n'étudiait pas dans cette école mais chez lui, une magie particulière, plus puissante, et que les mages frileux refusaient d'approcher. Je le crus, j'avais senti sa puissance, elle égalait voire surpassait celle de mes maîtres. Je me présentais à mon tour et lui demandais ce qui l'amenait ici. Sa réponse me foudroya "Toi", il me dit qu'il avait deviné mon potentiel, que je le gâchais dans cette école, et qu'en étudiant avec lui je deviendrais bien plus puissant que ne le permettraient les mages. Mon sang ne fit qu'un tour, mon rêve de puissance venait à moi, j'étais excité comme un gosse devant un jouet brillant. Il me donna rendez-vous pour le lendemain, dans un lieu de son choix, pour que l'on parle plus longuement de tout ça. Puis il prit congé, me laissant abasourdi et la tête pleine de rêves. Quand ma douce Mira revint elle me trouva encore hors d'haleine et surexcité, je lui racontais tout et, me souriant tendrement, elle me dit qu'elle désirait m'accompagner et rencontrer cet elfe qui m'avait fait si forte impression. Je ne refusais pas, l'avoir à mes cotés était devenu plus qu'une habitude, une évidence, oh.. douce Mira, pardonnes moi, j'aurais du refuser...

Le lendemain donc nous nous rendîmes au lieu de rendez vous. Alors que, boudant ma robe d'étudiant en magie, tournant déjà le dos à mes maîtres trop avares, j'avais choisi une robe de voyage, Mira, elle, portait sa robe de disciple, ce vêtement qui sur moi ressemblait à un sac posé sur une chaise, sur elle devenait d'une grande classe.
Ce n'est pas par orgueil de frère que je dis que ma soeur était belle, elle l'était, et plus d'un avait déjà eu le coeur ravi par sa seule vue. Ses traits étaient gracieux, comme son port, son corps élégant, tout en courbes et souplesse. Sa voix était une mélodie aux oreilles de tous. Elle ne s'encombrait pas d'artifices qui auraient gâché sa beauté, pas même de parfum.
Mais je m'égare, ce jour là donc, dans sa robe simple elle semblait une reine. J'étais fier de l'avoir à mon bras, et je ne songeais même pas qu'elle n'avait pas été invitée à ce rendez-vous. Je m'en souvint seulement en voyant la surprise dans les yeux de notre hôte, il la détailla de la tête aux pieds, lui faisant baisser les yeux de timidité. Je l'aurais bien défié en duel pour ce seul regard qui la traitait comme un objet et non la grâce qu'elle était.
Puis il sourit, ce qui me sembla d'abord un sourire de prédateur se mua en un sourire charmeur, voire charmant.
Je décidais alors de prendre la parole et de présenter ma soeur, puis de m'excuser pour avoir pris la liberté de l'inviter. Il balaya mes mots d'un geste élégant et de sa voix suave annonça qu'elle était la bienvenue et que si nous étions prêts nous pouvions partir.
Le rendez-vous m'avait été donné dans un jardin, malgré ma robe de voyage nous n'avions pas prévu d'en partir et fumes un peu surpris. Il nous rassura en annonçant que la magie pourvoirait à tout et que nous serions à bon port en un claquement de doigts. Je sentais les mains de Mira sur mon bras, peu rassurée elle s'agrippait à moi, je l'apaisais en y posant la mienne et annonçais que nous étions prêts.

Pardonne moi ma douce Mira...

Maltor sortit une sphère du sac souple pendu à son épaule, il nous invita à y poser la main et avant que nous ne puissions comprendre nous étions ailleurs.
Nos yeux durent s'habituer à la pénombre des lieux, devinant d'abord une pièce, puis son mobilier, rare, nous étions dans une sorte de bureau, ou salle d'étude. Par la fenêtre, obstruée par d'épais rideaux, filtrait la lumière du jour.
La voix de notre hôte nous invita à le suivre pour visiter les lieux, sa "demeure" comme il l'appelait.
Mira et moi étions habitués à la demeure familiale qui n'était pas une simple maison, mais ces lieux nous laissaient une drôle d'impression, un mélange de crainte et d'admiration.
Ses petites mains sur mon bras ne se détendaient pas, j'avais beau les caresser, lui sourire, elle restait trop impressionnée. Elle répondait à mes sourires par les siens, rayons de soleil de ma vie, mais ils étaient éphémères, ce lieu la rendait nerveuse.
Notre hôte fit halte devant une porte en annonçant "la bibliothèque", je ne sais pourquoi mon coeur se mit à battre plus fort, comme si j'avais deviné l'étendue des pouvoirs que cachait ce simple panneau de bois que l'on nomme porte. Maltor me sourit et vint offrir son bras à Mira, qui après m'avoir lancé un regard pour recevoir mon accord le lui prit timidement. Toujours charmant il annonça qu'il allait lui faire visiter les jardins car une fleur comme elle méritait la caresse du soleil et non l'ombre de ces murs. Rassuré par le fait qu'il la traite enfin comme elle le méritait, et terriblement attiré par le savoir de la bibliothèque, je le laissais partir avec ma soeur et passais la porte. J'eus le souffle coupé par le nombre de livres, dans mon dos, j'entendis la voix de Maltor qui s'éloignait en me disant que je pouvais tous les lire, et celle, mélodieuse, de Mira, qui me lançait un de ses " à tout de suite!" enjoué qui égayait mon coeur.

Je ne sais pas combien de temps je suis resté là, enfermé avec ces livres, véritables puits de savoir. Mais le temps avait passé, le soleil était bas quand, poussé par le manque, je les retrouvais dans le jardin. Je fus surpris d'abord de les trouver si proches, presque les yeux dans les yeux. Ma soeur, bien que souvent courtisée, n'avait jamais autorisé à qui que ce soit une telle proximité, ils semblaient intimes et un instant je fus jaloux.
Je m'approchais mais m'arrêtais à quelques pas, ils ne semblaient pas m'avoir vu, moi de ma position je les voyais parfaitement, en plus d'être les yeux dans les yeux il tenait sa main gauche contre son coeur, et lui caressait la tempe de la sienne. Elle ne bougeait pas, souriait. Dans ma surprise je restais muet, puis m'attardant sur cette caresse, bien trop audacieuse à mon goût, je voulu pousser un cri, mais impossible, tout autant que de bouger, j'étais comme les statues de ce jardin, figé, le regard rivé sur ses doigts qui ne caressaient pas la tempe de ma chère soeur mais y traçaient les lignes d'un sort.

Elle aurait du me voir, chaque fibre de mon corps lui hurlait de fuir. Mais, même si j'étais dans son champ de vision, ses yeux, adorables yeux, ne quittaient pas ceux de ce maudit Maltor.
Il cessa, l'allongea sur le banc près d'eux et la laissa se reposer. Se tournant vers moi il me sourit, un sourire agréable et déjà j'avais du mal à le détester. Il me rassura, et tandis que je sentais mon corps répondre de nouveau à ma volonté il m'expliqua.
Oui, il avait ensorcelé ma soeur, mon trésor, mais je pouvais la libérer, à force de travail et de progrès je trouverai le moyen, ainsi il ne voulait pas nous nuire, mais seulement me donner la motivation à travailler de toute mon âme. Il me laissa auprès d'elle dans le jour qui déclinait, elle me sourit alors que je caressais ses cheveux, elle semblait aller bien et être toujours elle même, elle fut confuse de s'être endormie, et craint d'avoir vexé notre hôte, je la rassurais, caressant sa tempe qui s'ornait à présent de la silhouette d'une fleur sauvage. Ce soir là je la menais à sa chambre avant de retourner à la bibliothèque pour ne plus la quitter.

Chaque jour, à l'heure des repas, Mira franchissait la porte, bravait les montagnes de grimoires pour m'apporter de quoi manger. Elle souriait toujours et semblait toujours en bonne santé, seule la marque sur sa tempe me serrait le coeur et me poussait à en trouver le remède. Elle passait ses journées avec Maltor, et pendant que je mangeais me racontait leurs promenades dans le jardin, ou leurs conversations devant la cheminée, elle portait tous les jours une robe différente, chacune mettait élégamment sa beauté en valeur.

Les jours passaient, les semaines, les mois, que sais-je? Je ne comptais plus le temps, Mira ne passait plus aussi régulièrement, Maltor la remplaçait et venait s'enquérir de mes progrès.
Un jour, alors que Mira ne s'était pas montrée depuis longtemps et que je m'en inquiétais auprès de Maltor, il me répondit qu'elle s'entraînait. Je fus surpris, depuis notre arrivée à la demeure elle n'avait plus approché la magie.
Il ne me donna pas de réponse, ce fut seulement quand je demandais à la voir qu'il me répondit que c'était impossible, j'entrais dans une telle rage qu'il céda et me mena aux sous-sols.

Jusqu'à ce jour j'avais ignoré jusqu'à leur existence. Et je foulais ces marches, j'avais envie de courir vers ma soeur, un douloureux pressentiment me broyait le coeur. La culpabilité me pesait, je l'avais abandonnée, je l'avais laissée s'éloigner de moi, non je l'avais délaissée pour cette recherche de pouvoir, non je le faisais pour elle, pour la sauver... Mon esprit se perdait, confus j'arrivais enfin dans la salle où se trouvait ma soeur, mais je ne la vis pas.
Il y avait bien une pauvre créature, assise à même le sol, en haillons, sale et les cheveux en bataille. Alors que je parcourrais la salle du regard pour y trouver ma soeur chérie la créature leva les yeux sur moi, son regard me foudroya, derrière la lueur malsaine de la soif c'était le regard de ma soeur, cette chose mourante c'était elle.
Je restais d'abord paralysé, n'en croyant pas mes yeux, ça ne pouvait être qu'une illusion, je l'avais vue si peu de temps avant, en pleine santé, radieuse, enjouée... Mais je ne me souvenais plus combien de temps avait passé, visiblement trop.
Je me jetais à terre, la serrant dans mes bras, elle m'accueillit avec un sourire qui n'avait plus rien d'un soleil et me glaçait le coeur. Dans mon dos la voix de Maltor me mit en garde, il me déconseillait de la laisser me toucher, mais je lui crachais une injure, serrant dans mes bras mon précieux trésor abîmé, en sentant ses bras se refermer sur moi je souris, mais bien vite je grimaçais de douleur. Elle me volait mon mana! Ce n'était pas la tendresse qui la poussait à me serrer contre elle mais la soif, une telle soif que j'en pris peur, elle drainait déjà toute mon énergie, et elle ne se contentait pas de mana, elle puisait aussi dans ma force vitale, les yeux mi-clos, se régalant de mon pouvoir. Je restais tétanisé, je la laissais faire, incapable de l'empêcher, c'était ma faute si elle était là, je l'avais jetée dans ce piège et ensuite abandonnée, mourir de sa main était encore trop doux pour moi...
Ce fut un coup de pied qui me rendit mes esprits, m'arrachant aux bras de ma soeur il me projeta au sol. Maltor me poussa un peu plus loin, je pouvais entendre Mira gémir de frustration. Je voulais l'aider, je suppliais Maltor de la laisser partir mais il rit. Il m'appris qu'il ne m'avait attiré ici que pour l'atteindre elle, que c'était son potentiel qui était énorme et qu'il en ferait sa meilleure arme.
Je fus pris de nausées, j'entendis à peine la malédiction qu'il lançait sur moi, j'appelais Mira, je la suppliais, de se sauver, de me sauver, dans mon délire je n'entendais plus Maltor. Ce n'est que plus tard, dans la cellule qui me sert à présent de chambre, que ses paroles me sont revenues: "Tu n'es plus rien pour elle, elle a tout oublié, j'y ai veillé, elle ne sait plus qui elle est, qui tu es, bientôt, tous les deux, vous ne serez plus rien que mes créatures, et heureux de l'être."
Sur ce point il se trompait, mon corps me fait défaut, mais mon esprit le hait toujours aussi fort. J'ignore ce que je deviens, même mon esprit s'étiole, je m'accroche à l'image de son sourire, ma soeur... Mira... perdue par ma faute...
La douleur qui me vrille la tête n'est rien, mon corps qui se dessèche et se rétrécit n'a pas d'importance, je dois la sauver, je dois la libérer, je dois...
Je l'entends hurler, j'entends les autres, bientôt il me jettera dans l'arène avec eux, quand ma transformation sera terminée m'a-t-il dit... en quoi dois-je me transformer? cette douleur à mon front ce sont des cornes, ma peau devient verdâtre, je ne connais aucune créature de ce genre, mes souvenirs s'étiolent, je ne dois pas l'oublier, mon petit rayon de soleil, ma fleur précieuse, Mira.. ton nom est Mira... et je suis ton frère...
Non, qui voudrait être la soeur d'un frère comme moi? Je ne te mérite pas, je n'espère plus le pardon...
Je parviens encore à faire de la magie, quelques traits de feu... j'ai oublié le reste, ma mémoire s'étiole mais je ne t'oublierai pas petite soeur...
Il m'a fallu plusieurs jours pour écrire tout cela... Je relis ce que j'ai écrit... Je ne me souviens pas...J'ai peur...
Il vient me chercher, j'envoie ce message à travers le temps et l'espace, je vous en supplie, sauvez la...

Il me nomme Zorkin, il lui a donné un nom aussi à ma petite fleur précieuse... Il nous dépossède de tout... vie, forme, passé, noms... je ne t'oublierai pas petite soeur précieuse, ma fleur...


Dernière édition par Darrida le Dim 16 Mar - 15:32, édité 1 fois
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Eva
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MessageSujet: Re: Passé abandonné   Dim 16 Mar - 14:18

Elle laissa s'envoler la lettre, glissant au sol alors que la douleur à sa tempe se faisait insupportable, ses larmes baignant son visage. Elle resta là un moment, puis rassembla ses forces pour retourner se coucher, demain était un autre jour, un autre combat, elle le sauverait, elle se sauverait, ils connaîtraient à nouveau le bonheur insouciant de leur enfance. Il le fallait, sinon c'était la mort pour eux deux... ou pire...


[ Toute personne est donc susceptible d'avoir trouvé cette lettre-journal, et de l'avoir lue, ceux qui connaissent Darrida et donc Zork pourraient faire le lien, les autres auront juste entre les mains un texte sans sens pour eux]
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